Jerry la grande gueule

Jerry la grande gueuleApprochez-vous de ce rivage paisible, observez ce pêcheur à la ligne, énergumène au faciès rubicond plongé dans la plus grande béatitude. Il ne faudra pas grand chose pour qu’il explose en tics et en grimaces inénarrables : simplement, qu’il ramène au bout de son hameçon une prise inattendue. Exemple : un homme-grenouille. Pourquoi pas ? Il est vrai que nous oublions de préciser que ce zigoto, qui répond au doux nom de Gerald Clamson, est incarné par le désopilant Jerry Lewis. Le prétexte à l’aventure est tout à fait classique : l’homme-grenouille quitte son costume et Clamson est bien étonné : il lui ressemble comme un frère. Ce gangster en fuite est bel et bien son sosie ! On reconnaît le vieux truc de mille policiers parodiques, à commencer par «L’ennemi public N°1», où Fernandel se dédoublait de la même façon. Chez Jerry Lewis, la confusion inévitable entraîne une course-poursuite loufoque. Ecartelé entre deux bandes rivales qui veulent à tout prix récupérer un magot en diamants, Jerry-Gerald prend pour leur échapper l’aspect d’un parfait crétin à dentition chevaline (l’hommage à Fernandel n’est donc pas loin). Il tombera enfin dans les bras d’une blonde ravissante, rien n’étant impossible dans le monde fou, fou, fou de l’extravagant Jerry.

Police Academy

Police AcademyAlors que les salles de cinéma américaines s’apprêtent à bientôt recevoir «Police Academy Il», la vidéo est à l’heure du numéro un qui battit beaucoup de records de recettes, l’année dernière. Le film, dans une veine comique ravageuse style «Mad», est très américain. C’est le petit cousin de «Porky’s» et autres «Y a-t-il un pilote dans l’avion ?». Du comique ravageur, plus près de la farce panique que du rire en dentelles. Pourtant, en France aussi, le film a trouvé son public. Imaginez que, par décision du maire, n’importe qui puisse devenir flic… après un stage dans la fameuse Police Academy. Le jour de la rentrée, c’est la grande panique. N’importe qui se présente, sautant sur l’occasion de réparer les injustices de la vie… Les nouveaux flics de Hugh Wilson sont un peu ce que les chirurgiens de «Mash» ou «Docteurs in love» sont au modèle respectable et original style «Les hommes en blanc». Les instructeurs de l’école sont bien décidés à mater les fortes têtes, à leur faire prendre conscience des vraies valeurs ou à les dégoûter à jamais de l’uniforme. Mais ceux qui craqueront, les premiers ne sont pas ceux que l’on pense… Hugh Wilson et ses acteurs s’attaquent de face aux bons vieux principes d’autorité et de discipline. Après le passage de ce typhon de gags, il n’en reste pas grand chose. Un des aspirants flics est capable de reproduire n’importe quel bruit avec sa bouche. Il était présent au dernier Festival de Deauville et a bruyamment prouvé que ce n’était pas du cinéma.

 

Leave a Comment

Tags:

Le tatoué

Scénario d’Alphonse Boudard, dialogues de Pascal Jardin, duo Gabin/de Funès, on nage dans la – bonne – qualité française.Le tatoué «Le tatoué», c’est l’histoire d’un brocanteur enrichi, Félicien Mezeray (Louis de Funès) qui découvre un jour un authentique Modigliani tatoué sur le dos de Legrain (Jean Gabin) un ancien légionnaire coléreux et misanthrope. Scénario idéal pour une course-poursuite entre les deux protagonistes, l’un voulant à tout prix, et même très cher, vendre la peau Modiglianisée de son copain avant de l’avoir achetée, etc., l’autre exigeant en retour des conditions impossibles. Tout cela finira très bien, dans une franche rigolade et une solide amitié. Si le rôle de Mezeray semble taillé sur mesure pour un de Funès excité, trépidant, insupportable et électrique, il semble que Gabin ne soit pas très à l’aise dans, son rôle de tatoué. Cela dit, le tout reste cohérent, drôle et truffé de bons mots, pas forcément légers, mais efficaces. Cocasse.

Papa, les petits bateaux

Kidnapper la ravissante et richissime héritière Vénus de Palma (Cookie pour les intimes), c’est l’idée lumineuse qui germe dans l’esprit de Marc et de sa bande, apprentis gangsters laborieux, décidés à réussir le coup de leur vie. Pour Marc, le «cerveau», c’est l’occasion de se rattraper de vingt années d’échecs et d’amertume, et pour Marylène, son amie qui a déjà des kilomètres, c’est une revanche à prendre sur la beauté et l’insolence. Autour d’eux, Hippolyte, dit Podâne, frère de Marylène, 25 ans, encore puceau et passablement minus, le Luc, 30 ans, bellâtre dont le moins qu’on puisse dire est qu’il ne risque pas de mourir d’une méningite. Là où l’affaire va se corser, c’est que Miss de Palma, qui a oublié d’être idiote, cache sous ses courbes de déesse une rouerie diabolique et un esprit inventif débordant. Le rapt va sacrément rebondir, et les cadavres s’accumuler dans les coins, d’autant que d’autres truands viendront se mêler au grand nettoyage. Vigor et Pliz réunis, en somme…Papa, les petits bateaux Une comédie tout en dérapages contrôlés, tournée par Nelly Kaplan peu après «La fiancée du pirate». Humour noir, gags grinçants, univers farfelu, rien ne manque à cette panoplie satirique qui confine le plus souvent au véritable burlesque…

 

Leave a Comment

Tags:

Un homme parmi les loups

Un homme parmi les loupsCarroll Ballard nous avait montré, avec «L’étalon noir» produit par Coppola, qu’il savait filmer l’animal… non comme un documentariste, mais comme un metteur en scène. Avec ce «Never crywolf» («Un homme parmi les loups»), il confirme la chose admirablement. Son film n’a rien de la caméra cachée et des images volées. Ses loups jouent avec l’homme qui est venu au devant d’eux. Son film est construit, monté avec champ, contre-champ, plongée, contre-plongée, etc. C’est du vrai cinéma ! Mais c’est surtout la découverte d’un monde sauvage et de grands espaces habités par les caribous, les souris et les loups… Un monde où tout est authentique, beau à force d’être authentique ! Un biologiste (l’histoire est, paraît-il, véridique) a été envoyé en Alaska, dans le froid et la solitude, pour étudier les loups. Il s’installe donc en face d’un foyer de loups, délimite son territoire (la séquence est d’une irrésistible drôlerie), étudie leur comportement, se nourrit comme eux (de souris, beurk !) et apprend à les connaître. Il découvre aussi que, de l’homme et du loup, la bête assoiffée de sang n’est pas celle que l’on croit. Une sublime leçon de nature et un superbe spectacle que Carroll Ballard a mis deux années à tourner.

Vous ne l’emporterez pas au paradis

Vous ne l'emporterez pas au paradisDu comique à la française… ou plus exactement de la comédie policière à la française. Deux frères, l’un vivant de combines, l’autre ambulancier de son état, sont engagés par un avocat suisse pour ramener de Paris à Genève un ami mort dans les bras d’une prostituée. En fait, ledit cadavre est bourré d’héroïne et beaucoup de gens s’intéressent à ce macchabée qu’on passe en fraude. L’intrigue, complexe et absurde à souhaits, essaie de retrouver la veine humoristico-policière des «Tontons flingueurs» et autres films dont Georges Lautner s’était fait le grand spécialiste. Ici la mise en scène besogneuse a pour principal mérite de permettre à quelques comédiens français de talent, tout à fait à l’aise dans le comique enlevé, de faire leur numéro. Mondy, en avocat qui n’est pas ce qu’il a l’air d’être, possède son aisance et sa solidité habituelle. Il entraine dans l’aventure un Charles Denner dont le phrasé vous ferait prendre n’importe quel texte anodin pour du Céline et un Bernard Le Coq qui n’a pas fait la carrière de jeune premier qu’il aurait méritée. Il y a aussi Micheline Luccioni, Marion Game qui finit même (chastement) déshabillée, Clément Harari et quelques autres. On l’aura compris : faute de s’intéresser à l’histoire que raconte Dupont-Midy, on a tout le loisir de savourer une poignée de comédiens qui ont l’agréable saveur des vieux routiers du cinéma de boulevard.

 

Leave a Comment

Tags:

Les Vikings

Les VikingsRéalisé par Richard Fleischer (le maître d’œuvre de «20.000 lieux sous les mers»), joué et produit par Kirk Douglas en blond guerrier borgne, «Les Vikings» est un des meilleurs films d’aventure de cet âge d’or hollywoodien des années 50, qui fournit mensuellement sa pâture à la «Dernière séance» de FR3… Il ne manque rien à ce fastueux spectacle : les majestueux paysages des fjords de Norvège, les scènes d’action et de batailles, le romantisme des intrigues amoureuses, le mélodrame dans la destinée extraordinaire des personnages, une dose de violence barbare dans la description des mœurs vikings, un peu de sadisme et de masochisme dans telle scène de torture. Alors, on ne demande qu’à se laisser entraîner dans cette magnifique aventure pleine de bruit et de fureur, avec l’intrépide Kirk Douglas, son redoutable rivai Tony Curtis, la délicieuse princesse Janet Leigh, le brutal Ernest Borgnine, chez ces hommes du Nord brutaux et truculents, aux accents martiaux de la superbe musique de Mario Nascimbene…

Fast companyFast company

Tourné pendant le Grand prix du Canada des dragsters, «Fast company» se déroule dans un décor «vroum-bissant» de courses automobiles, il parle du monde de l’automobile et ses héros sont des coureurs automobiles… C’est d’ailleurs l’itinéraire non fléché de l’un d’entre eux qui est prétexte à un scénario d’une extrême minceur comparé à la vitesse des bolides qui atteignent les 360 km/h. Bref. Lonnie Johnson, champion des USA, devient une star de la publicité grâce à son bolide. Pour contenter son sponsor, Phil Adamson, il accepte de courir sur un «Top fuel» expérimental. Passez-moi l’expression : il se plante. C’est donc un jeune pilote qui prend sa place dans la course suivante. Mais comme vous brûlez de savoir ce qu’allait faire Claudia Jennings au générique, je ne vous ferai pas attendre plus longtemps. En bonne femme de coureur en danger, elle réussit à convaincre son champion de Lonnie d’abandonner la course et de ne plus risquer sa vie sur les circuits. Pour les mateurs et amateurs de bolides.

 

Leave a Comment

Tags:

Under fire

… le choc des photos. La devise des derniers vrais aventuriers de cette fin de siècle, les reporters-photographes, les vrais, ceux qui courent le monde, qui risquent leur vie pour ramener une info, un témoignage, une photo, au nom de l’information. Ils laissent quelquefois leur vie dans les bars des hôtels dont ils n’osent plus sortir ou sur le terrain.Under fire «Under fire» trace le portrait, un peu mythifié et beaucoup stéréotypé, d’un de ces baroudeurs arrivés au Nicaragua via le Tchad. D’une guerre à l’autre. Et comme quand on est reporter, photographe et aventurier on n’en est pas moins homme, notre héros se déchire sentimentalement. «Under fire» est un bon film. Il permet au spectateur de se projeter au-delà de l’écran, d’avoir une vision des événements telle que les hommes de terrain peuvent la ressentir. C’est le genre de films à déclencher des vocations. On y voit le reporter confronté à toutes les situations possibles, de l’engagement pour une cause qui n’est pas la sienne et qu’il n’a- en théorie – pas le droit de défendre, à l’honneur de la mort en direct. Un film passionnant, intelligent et bien ficelé. A noter l’excellente apparition de Jean-Louis Trintignant. Quant à la prétendue objectivité des objectifs (photos), c’est une théorie qui reste à vérifier…

La charge de la brigade légèreLa charge de la brigade légère

La guerre de Crimée bat son plein. Nous sommes dans les années 1854-55. Pendant que les canons russes s’occupent à réduire en miettes la vallée de Balaclava, deux jeunes officiers anglais venus des Indes aiment la même jeune fille mariée à l’un d’eux. Et comme ces jeunes gens sont tous deux de parfaite éducation, sont beaux comme des dieux grecs et possèdent un sens du devoir, du courage inhérent à leurs rangs, la guerre de Crimée n’est rien comparée à la bataille qui fait rage dans leur cœur… «La charge de la brigade légère» n’a rien d’une bataille de Sioux, c’est un grand classique du cinéma signé Michael Curtiz, le réalisateur de «Casablanca», «Masques de cire»… Inutile d’ajouter qu’Errol Flynn et Olivia de Havilland sont sublimes de finesse et de beauté. Et comme «La charge de la brigade légère» doit aussi son titre à son côté guerrier, n’oublions pas de mentionner l’agonie de Fort Chu-kot : vingt minutes de charge extraordinaires, un spectacle hallucinant.

 

Leave a Comment

Tags:

Sahara

SaharaIl faut oser, aujourd’hui, concevoir un film comme «Sahara». Tous les lieux communs romantico-exotiques, qui faisaient les beaux soirs cinématographiques au temps de Rudolf Valentino, sont au rendez-vous. Une jeune Américaine émancipée participe à une course automobile à travers le Sahara, déguisée en homme. Mais elle est enlevée par une troupe de bédouins et entraînée dans une guerre tribale. Après mille résistances, elle cèdera aux avances d’un jeune cheikh fatalement beau et combattra à ses côtés. Nous sommes en plein roman photo ! Mais Andrew McLaglen connaît les limites de son sujet. Il y pallie efficacement par l’action et l’humour. Puisqu’il a fait souvent tourner John Wayne sur la fin de sa carrière et a réalisé maints films de guerre ou westerns, McLaglen sait «emporter» une scène d’action. Ça bouge beaucoup dans ce désert. On tire, on se bat, on se poursuit et on s’affronte souvent. Il y a même Brooke Shields qui attaque à la dynamite… quand elle n’est pas suspendue en périlleuse posture au dessus d’une cage pleine de fauves. L’autre atout majeur de McLaglen est l’humour (volontaire ou… involontaire). Lorsque Brooke Shields se baigne nue dans une cascade comme si elle vantait les mérites d’une savonnette désodorisante, pendant que la caméra fait mille contorsions et place mille objets devant elle pour voiler tout détail charnel… on ne peut que rire ! Lambert Wilson, un des plus talentueux nouveaux acteurs français à carrure internationale, l’a parfaitement compris. Il joue son cheikh barbouillé de fond de teint avec une distance tout à fait savoureuse.

 

Leave a Comment

Tags:

Sophie Ruez: charmeuse

Vous y croyez, vous, aux contes de fées formules-magiques-de-rigueur et à haute improbabilité garantie ? Pas tellement ? Moi itou, mais chut ! Faut surtout pas le répéter trop fort. Mlle Sophie Duez, que nous baptiserons Cendrillon Celluloïd pour les commodités du récit, pourrait bien nous en tenir rigueur et nous traiter de rabat-joie. Remarquez, elle n’aurait pas tout à fait tort si l’on en juge par la rapidité de son ascension l’année dernière. Cela, grâce à un film. «Marche à l’ombre», de Michel Blanc. Oui, vous avez bien lu un seul film, n’en déplaise à ceux pour qui la célébrité est forcément liée à un pénible parcours de combattant(e). Lancée à la vitesse d’une fusée, Sophie doit probablement se demander aujourd’hui s’il faut en rire ou s’en inquiéter.Sophie Ruez Née à Nice il y a plus de vingt ans, elle effectue toutes ses études à Paris, au lycée Paul Valéry, et va même jusqu’à obtenir son bac C à l’âge de seize ans. Ce petit exploit est bientôt suivi par quelques autres qui s’inscrivent tous dans la lignée «je suis une crack, mais je me soigne». On retrouve ainsi cette chère Sophie parachutée douze mois plus tard en «hypo khâgneuse» de choc au lycée Louis Legrand puis entrant à la Sorbonne l’année suivante en deug de lettres modernes. Et ce n’est pas fini puisqu’au bout du chemin, une licence et une maîtrise (mention très bien) viennent orner le cabas de notre parfaite étudiante. Parallèlement à ces exploits, vous aurez noté avec le plus vif intérêt qu’habitant seule depuis ses dix-huit ans, Sophie s’amuse à gagner sa vie comme mannequin. Un beau jour de début 84, son copain Patrick Bruel lui demande d’apparaître à ses côtés lors de «Champs-Élysées», l’émission de Michel Drucker. Et cela afin d’illustrer sa chanson «Marre de cette nana-là » qu’il interprète entouré de deux autres ravissantes créatures. Ce samedi soir, Françoise Menidrey, éminente casting-woman de sont état, se trouve par bonheur devant son poste. Elle remarque immédiatement Sophie et en parle à Michel Blanc, alors à la recherche d’un nouveau visage pour «Marche à l’ombre». Blanc convoque Sophie pour des essais qui se révèlent suffisamment concluants puisqu’elle décroche le rôle convoité. Les Français découvrent donc Mlle Duez à l’automne 84 dans ce film où elle incarne une jeune danseuse, Mathilde, avec qui Gérard Lanvin vit une histoire d’amour aussi passionnée que difficile. L’énorme succès obtenu par «Marche à l’ombre» consacre alors Sophie. Les médias s’intéressent à elle et en profitent, dans le cas de certains, pour ressortir de leurs tiroirs des documents ou reportages effectués alors que l’actrice était encore inconnue. Ainsi. un magazine connu pour ses photos de nus féminins n’hésite pas à publier des clichés de Sophie dans le plus simple appareil. Cela sans préciser à ses lecteurs que lesdites photos ont été prises deux ans auparavant et reproduites sans le consentement de la principale intéressée. La publicité fait également les yeux doux à Sophie qui est choisie pour être l’héroïne d’un spot télévisé vantant les mérites d’une marque de café. Les scénaristes de ce spot ne vont pas chercher midi à quatorze heures puisqu’ils font jouer à Cendrillon Celluloïd son propre rôle, celui d’un top-modèle accueilli à bras ouverts par d’hypothétiques membres de sa famille qui fêtent le retour de la fifille prodigue. Autre moment choc (et également télévisuel) dans la jeune carrière de Sophie son apparition en dessous affriolants dans «719»,l’émission de Michel Denisot sur Canal Plus, consacrée ce matin de novembre à la lingerie féminine de luxe. Ces parenthèses refermées, Sophie se consacre aujourd’hui à des entreprises plus «sérieuses». Forte de sa nomination au César du meilleur jeune espoir féminin, elle s’est inscrite au cours d’art dramatique d’Yves Pignot. Parallèlement à- cela, elle est l’héroïne principale d’un téléfilm de Jean-Louis Lorenzi, «Les prisonnières». Un programme des plus chargés, sans compter un projet de film italien sur lequel elle préfère garder le silence. Voilà de quoi permettre enfin à Sophie Duez de marcher désormais au soleil plutôt qu’à l’ombre…

 

Leave a Comment

Tags:

Maruschka Detmers : séductrice

Maruschka est une voleuse ! Une «piqueuse» de rôles qui profite des caprices de ses consœurs pour les coiffer sur les plateaux de cinéma. On ne saurait lui en vouloir… En l’espace d’un an et demi, alors qu’elle n’était encore qu’une outsider, Maruschka a remplacé au pied et sein levés, deux des plus grandes vedettes actuelles : Isabelle Adjani et Ornella Muti. La première lors des essais de «Prénom Carmen», de Jean-Luc Godard, se trouvait mal éclairée, pas assez jolie. Exit Adjani. Apparaît Detmers qui, entre une séance de baby-sitting et un cours de comédie dans la classe de Francis Huster, vient faire la queue avec des centaines d’autres apprenties comédiennes devant l’hôtel Intercontinental où Godard fait passer ses auditions. Suisse jusqu’au bout de son Davidoff, Godard est économe de ses paroles. Il jette un regard distrait à Maruschka, lui tend une feuille de papier et attend qu’elle lise. Le texte est bref, banal. Une seule phrase : «Je ne me console jamais de rien». En la disant, elle marque un temps de respiration entre «jamais» et «de rien». Godard pose son cigare. Il est séduit par cette trouvaille. Prénom Maruschka devient Carmen X ! C’est avec autant de facilité qu’elle s’impose dans le film de Gérard Oury, «La vengeance du serpent à plumes». A l’origine, le metteur en scène désire Ornella Muti pour incarner Laura, une étudiante italienne révoltée, membre d’un groupuscule anarchiste. Mais La Muti fait la fine bouche quand elle apprend qu’elle a Coluche comme partenaire et qu’elle doit l’embrasser. Maruschka ne se montre pas aussi bégueule ! Flatté, Coluche la complimente alors pour son «beau cul» et ses talents de comédienne… Et de deux ! Mais entre ces deux films, Maruschka tient également un rôle éclair dans «Le faucon» de Paul Boujenah «Une seule journée, raconte-t-elle, trois plans, tout juste le temps de se faire descendre et de disparaître de la circulation». C’est son copain et professeur de théâtre Francis Huster qui lui a décroché ce «cacheton» avant qu’elle n’entreprenne le tournage de «La pirate» de Jacques Doillon. Une aventure difficile, épuisante, dans laquelle Maruschka joue le personnage de Carol, une séductrice jalouse qui kidnappe la femme qu’elle aime, Alma (Jane Birkin).2003 Saint-Tropez Television Festival - Closing Ceremony De ces deux expériences quasi simultanées avec des metteurs en scènes aussi «tordus» que Godard et Doillon, Maruschka prouve d’emblée qu’elle est bien l’actrice de toutes les situations, capable de se fondre rapidement dans un rôle. A l’arraché. Capable également de s’adapter aux conditions les plus précaires de tournage. Avec un bon rhume aussi. Une manière comme les autres de faire rentrer le métier ! Un métier auquel Maruschka n’est pas tout à fait destinée en débarquant à Paris il y a à peine trois ans, arrivant de son Pays-Bas natal. A l’époque, elle n’avait que dix-huit ans, une petite valise à la main, un bac scientifique dans la poche, et «un bel accent de vache hollandaise» précise-t-elle. Avec une frimousse comme la sienne et un tel prénom venu d’ailleurs, Maruschka trouve un premier job. Un boulot évident dans son cas : fille au pair ! En ayant décidé de s’installer à Paris, elle avait d’autres ambitions que de pouponner à domicile. Au bout de quelques mois, son français devenant un peu plus présentable, elle s’inscrit dans un cours d’art dramatique, le cours Florent. Pour sa première audition, elle choisit de présenter la scène de rupture entre Gabin et Arletty, extraite du film «Le jour se lève». L’accent «parigot» d’Arletty revu par cette gaillarde néerlandaise, cela promet une belle rigolade aux autres élèves ! Maruschka s’en tire à merveille. Si bien même qu’elle se classe en tête devant les sept cent cinquante autres candidates. A partir de ce jour, tout s’enchaîne très vite… Godard, Doillon, Oury, le Festival de Venise, celui de Cannes. A vingt et un ans, Maruschka a déjà accompli un parcours sans faute, un départ sur les chapeaux de roues. Il est vrai qu’elle a certains atouts qui plaident en sa faveur : un corps tout d’abord, un regard ensuite et une tête bien pleine enfin.

 

Leave a Comment

Tags:

Sigourney Weaver: lucide

Sigourney WeaverBon, d’accord, elle a un prénom qui, prononcé les dents serrées, peut évoquer le son d’un bref éternuement. Pourquoi diable se baptiser Sigourney quand on est née Susan Weaver, il y a quelque trente-six ans de cela ? «Parce que j’ai remarqué et aimé ce prénom dans «Gatsby le magnifique», le roman de Scott Fitzgerald, se justifie-t-elle. Je me le suis approprié à quatorze ans, c’est tout !» De l’originalité avant toute chose semble donc être la devise de Sigourney chérie. Pensez donc : d’abord, et contrairement à 98,9 % de ses consœurs, elle ne se complaît pas à parler d’enfance malheureuse ou du moins marquée par le besoin. Bien au contraire. Sylvester-Pat Weaver, son père, était, pendant une bonne partie des années cinquante, le président de la NBC, une des plus puissantes chaînes de télé américaine. Cela implique une trentaine de déménagements pour la famille Weaver et, par conséquent, autant d’établissements scolaires différents pour la jeune Sigourney. Histoire de cultiver sa différence, celle-ci traverse à sa manière les fameuses sixties. Teenager beatlemane dans un premier temps, elle se transforme ensuite en révolutionnaire de campus des plus folkloriques. Ainsi, dans son sac à main d’alors, on trouve pêle-mêle le petit livre rouge de Mao qui daigne côtoyer un carnet d’adresses fleurant bon la jet-set new-yorkaise. Sigourney n’en reste pas là puisqu’elle choisit ensuite d’aménager son sweet home coquet dans… un arbre, habillée en lutin (!) avant d’entamer une très brève carrière de mannequin. Et la sacro-sainte vocation de comédienne dans tout cela ? Elle pointe à l’horizon, (très) lentement mais sûrement. Des études d’art dramatique au Yale Drama School, aux côtés de Meryl Streep notamment, lui ouvrent le chemin. Elle participe à plusieurs pièces «off-Broadway» qu’elle écrit parfois en collaboration avec un de ses amis, Christopher Durang. En 1978, le réalisateur Ridley Scott lui offre le seul rôle féminin d’«Alien». L’apparition finale de la comédienne en petite culotte blanche y fait sensation et consacre l’avènement de la lingerie spatialo-sexy tendance «Petit Bateau» mouillé. Comment s’étonner, après cela, du triomphe personnel obtenu par l’actrice qui, du coup se retrouve à la une de Newsweek. «J’étais vraiment étonnée de voir tous ces projecteurs braqués soudainement sur moi, avoue-t-elle aujourd’hui. Trop étonnée sans doute, car ma méfiance m’a empêchée de profiter de ce succès. Mais la carrière de mon père, remplie de hauts et de bas, m’a rendue cynique vis à vis de mon métier. En fait, cela m’a servi de leçon et m’a appris à ne pas me faire beaucoup d’illusions…» Merveilleusement désenchantée, Miss Weaver ? Non, mais plutôt lucide malgré l’avalanche de compliments qui saluent ses compositions ultérieures. Des rôles aussi différents que possible, mais qui ont tous la particularité de s’intégrer au sein d’intrigues rocambolesques. Elle est ainsi tour à tour reporter télé traquée dans «L’œil du témoin», attachée d’ambassade bravant les émeutes de Manille dans «L’année de tous les dangers» puis l’épouse amorale d’un marchand d’armes dans «Deal of the century», une comédie de William Friedkin inédite en France. Même si ce dernier film est loin d’être réussi, il permet au moins de révéler les dons de Sigourney pour la comédie. «C’est dans ce domaine qu’elle est le plus à l’aise, précise son copain Christopher Durang. Elle me fait penser à Kay Kendall, avec sa façon d’être, – quand elle joue, en même temps superbe et sublimement ridicule…» Le public a eu tout loisir de s’en apercevoir l’an dernier dans «Ghostbusters» où l’actrice, belle à damner des fantômes, se déchaîne aux côtés de Bill Murray et Dan Aykroyd. 1984 a d’ailleurs été pour Sigourney Weaver l’année de tous les bonheurs puisqu’en outre sa triomphale participation à «Ghostbusters», elle était une des vedettes de «Hurly burly» sur les planches de Broadway face à William Hurt. Tout cela avant de commencer le tournage de « Une femme ou deux », le nouveau film de Daniel Vigne, avec Depardieu pour partenaire. Qui dit mieux ?

 

Leave a Comment

Tags:

FILLE TONIQUE

Kim Basinger: craquante

Elie a tellement de dons qu’elle aurait pu envisager sans problème une demi-douzaine de carrières. James Bond girl’s pour son premier grand rôle au cinéma dans «Jamais plus jamais» aux côtés de Sean Connery, Kim Basinger est aussi la partenaire de Robert Redford dans «Le meilleur» de Barry Levinson. Mais la lumière des spotlights n’avait déjà plus de secret pour elle. Les sept années précédentes, temps de réflexion nécessaire pour prévoir son avenir, Kim a fait la une de tous les magazines… de mode. Top-modèle sur papier glacé ! L’un des mieux payés du monde avec Kristie Brinkley. Auparavant, elle a été reine de beauté : Miss de sa Géorgie natale, en même temps qu’un autre Georgien célèbre, Jimmy Carter, accédait à la présidence des États-Unis. Bien avant encore, à l’époque de son adolescence, dans les années soixante, Kim a failli devenir championne de natation. Elle a même participé aux épreuves de sélection de l’équipe olympique… sans succès. Et sa carrière de naïade est aussitôt tombée à l’eau ! Enfin, aussi loin que l’on puisse remonter dans son enfance, alors qu’elle avait tout juste deux ans et demi, Kim passait déjà pour un petit rat prodige. Ses premiers entrechats faisaient l’admiration de l’école maternelle d’Athens et de dad and mam Basinger qui la voyaient déjà sur la scène du Metropolitan Opéra. Du tutu petit modèle aux robes de star en passant par le maillot de bain de haute compétition, Kim a endossé pas mal de costumes. Un seul manque à sa collection, la toge universitaire. Se pourrait-il qu’une fille si parfaite soit, en plus, intelligente ? L’essentiel est que partout où elle passe, Kim séduit. En septembre dernier à Deauville, elle était venue assurer la promotion du «Meilleur» : elle a conquis tous les festivaliers. L’un d’entre eux, plusieurs heures après une simple poignée de main, demeurait encore tétanisé par l’émotion ! Mannequin sorti du rang, Kim Basinger est une star bienveillante dont les caprices ne sont pas à craindre et qui, fraîchement débarquée en France, se prête sans rechigner à une séance photo impromptue sur les planches. L’emmerdeuse redoutée est une grande fille toute simple. Son rapide et spectaculaire succès, en cinq films et quelques rôles à la télévision, ne lui a pas tourné la tête. Apparemment. Certes, en 1976, ses débuts de comédienne dans «Drôles de dames» (une série télévisée qui a fait le succès de bien d’autres jolies personnes, style Farah Fawcett et consœurs).Kim Basinger Kim Basinger les doit à sa plastique impeccable de beauté blonde et sportive. Pourtant elle vaut tout de suite mieux. L’année suivante, elle tient un rôle vedette dans «Dog and cat», série policière imaginée par Walter Hill en personne («Warriors», «48 heures», «Les rues de feu»). Très vite, elle aborde le grand écran. Depuis «Hard country» de David Greene en 1981, Kim Basinger est devenue la partenaire favorite, ou le faire valoir, des plus beaux mâles du cinéma américain ! Elle les fait tous craquer. De Charlton Heston, qui le premier lui donne un rôle important dans son film «La fièvre de l’or», au «Meilleur» avec Robert Redford en passant par Sean Connery aux côtés duquel elle incarne Domino, une gentille James Bond girl’s («Jamais plus jamais» 1983) et Burt Reynolds qu’elle vampe en milliardaire texane dans le remake de «L’homme qui aimait les femmes» (réalisé par Blake Edwards en 1984). A présent la belle s’attaque à la nouvelle génération des séducteurs. Mickey Rourke est le premier élu. Ils tournent ensemble «91/2 weeks» d’Adrian Lyne.

 

Leave a Comment

Tags: